mardi 18 novembre 2014

le flou

A l'heure où je t'écris ces lignes, je vois flou. Je vois flou parce que ça fait environ 20 minutes que je pleure et que j'arrive pas à stopper ça. Et je vois aussi flou parce que ma vie est juste... je sais pas, j'ai pas de mots. Je dirais pas qu'elle est nulle. Je dirais que c'est moi qui le suis, je sais pas, mes gènes, mon cerveau, mes cellules sont pas adaptées à la vie.

Dans l'article précédent, je te disais que je faisais des études par correspondance. Enfin, c'est un bien grand mot. Comme je te le laissais sous-entendre, c'est plus un alibi qu'une voie d'avenir. Je me cache sous cette appellation, en quelque sorte. Personne ne viendra vérifier que je bosse mes cours tous les jours. Mes parents ont jamais été trop derrière moi pour les études. Les partiels? Boarf, je m'arrangerai pour faire semblant d'être aux premiers. Mais c'est surtout un alibi pour les autres, ceux qui comprennent pas la situation que j'ai eu les deux années passées, et ceux pour qui la vie réussie plutôt - du moins ils n'ont pas de problèmes avec leur avenir. Parce que c'est bien ça le problème chez moi, c'est l'avenir. Et tu me diras, oui, effectivement, c'est con. Parce qu'on ne peut qu'avancer dans l'avenir, jusqu'à preuve du contraire, la machine à remonter le temps n'a pas été inventée (parce que dans ce cas-là, crois moi que je l'aurai utilisé depuis longtemps).

J'en suis donc rendue là : je fais des études sans en faire. Voilà. Bon. Soit. Je me passe volontiers de ton discours moralisateur que tu pourrais avoir, du genre "mais tu ne te rends pas compte de la chance que c'est de pouvoir faire des études blablabla". Si je sais, je connais la situation des petites filles dans certains villages africains, mais désolée, j'arrive pas à me faire à cette "vie".

Mais la question est : que faire, alors ? Travailler, d'accord, je veux bien. D'ailleurs en ce moment je me renseigne pour bosser dans un cinéma (oui je dis en ce moment car je change d'avis tout le temps, ça fait partie des particularités plutôt cools de ma (mes) personnalité(s)). Mais j'ai aussi envie de partir. Partir oui, mais où? Avec qui? Seule? Mais avec quel argent? Et faire quoi? J'en ai marre de me lever, tous les jours, et de me dire que je vais rester chez moi à rien faire. Marre d'entendre ma mère qui écoute la radio, qui passe l'aspirateur, qui me crie de venir manger. Je suis fatiguée.

Je me suis déjà imaginée, moi, attendre jusqu'à septembre prochain (parce que je veux passer l'été avec mes amis quand même), sans rien dire à personne. PERSONNE. Préparer mes petits billets d'avions, ma grosse valise, la glisser en secret dans la voiture, et partir. Et arrivée à l'aéroport, laisser un message sur Facebook, du genre "je suis partie mais je n'ai rien dit à personne par peur d'être jugée blablabla" (oui c'est assez dramatique je te l'admets). Et voilà. Juste partir (et revenir plus tard (sans doutes)).

Enfin... Comme tu vois, c'est aussi le flou dans cet article aussi; si on peut appeler ça un article. Mais j'ai l'impression de vivre un véritable enfer depuis 3 ans maintenant, alors qu'a priori, je devrais être heureuse; sauf côté études (bon je suis seule aussi, et je m'aime pas vraiment. Ca fait beaucoup de problèmes non?) Est-ce que c'est ça qu'on appelle la dépression?



Dis moi toi, tu as déjà été dans mon cas? Aide-moi, je ne sais pas quoi faire.


2 commentaires:

  1. Bienvenue au club. Etude par correspondance que je ne fais pas. Un avenir plutot douteux. Ce que j'ai envie? Bon sang si je pouvais savoir. Je change d'avis comme de chemise, je me lance dans milles et un projet, dont bien sur aucun n'a abouti. Mais je suis désolé j'ai toujours pas trouver de solutions. Malheur à nous :(

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  2. C'est la première fois que je "rencontre" quelqu'un qui partage le même sentiment que moi! Si tu veux qu'on en papote plus profondément n'hésite pas à m'écrire ma jolie :) bisous

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